Les actus Dr Goodnews Alimentation Bien manger : des bénéfices durant toute la vie

Bien manger : des bénéfices durant toute la vie

Bien manger : des bénéfices durant toute la vie

Gagner 10 ans de vie rien qu’en changeant ses habitudes alimentaires : telle est la promesse d’une étude récemment publiée, qui montre qu’en consommant moins de viande rouge et de produits sucrés, plus de céréales complètes, de fruits et légumes et de légumineuses, on gagne en espérance de vie.

Adobe-Stock

Plus l’on démarre tôt ce régime, plus le gain est important. Et les bénéfices apparaissent tout au long de la vie, même si on s’y met  à 80 ans !
Les chercheurs montrent aussi que sans changer radicalement ses habitudes, simplement en introduisant quelques aliments, on y gagne. Par exemple, manger 200 grammes de légumineuses par jour permettrait de gagner un peu plus de deux années d’espérance de vie à l’âge de 20 ans.
Que penser de ces résultats ? Quelles conclusions pratiques en tirer ? Les réponses du Dr Bernard Srour, épidémiologiste à l’Inserm et coordonnateur du Réseau NACRe (Nutrition Activité physique Cancer Recherche).

Ce gain important d’espérance de vie, est-ce une notion largement admise ?

Dr Bernard Srour. On dit toujours que plus l’on se met tôt à bien manger, plus l’effet protecteur est important. Cette étude confirme cela. Elle montre aussi que finalement, il n’est jamais trop tard pour adopter de bonnes habitudes alimentaires, on obtient des bénéfices tout au long de sa vie.
Toutefois, il faut souligner que cette étude, très pertinente par ailleurs, ne porte pas sur des calculs individuels. Les gains d’espérance de vie ont été obtenus d’après des scenarii peu réalistes, en imaginant que toute une population se mette à adopter un régime alimentaire spécifique (qui va d’ailleurs au-delà des recommandations sanitaires), et sans tenir compte des pathologies chroniques.
Donc on ne peut pas en tirer des conclusions individuelles en terme de gain d’espérance de vie.

Elle montre aussi que même avec des changements modérés, on y gagne…

Dr Bernard Srour. Oui, et c’est sûrement le message le plus intéressant. Même des changements intermédiaires sont bénéfiques ; même si on ne mange que 2 fruits ou légumes par jour, et qu’on passe à 3, il y a un gain.
Pour autant, il ne faut pas forcément chercher à calculer ce gain avec des chiffres, en « années en plus », car il y a quelque chose de culpabilisant à cela. Les recommandations nutritionnelles commencent elles-mêmes à formuler des messages qualitatifs, en plus des repères chiffrés [au moins 5 fruits et légumes, 2 produits laitiers…].
Désormais, on conseille plutôt de s’engager dans une démarche progressive fondée sur trois piliers : augmenter, réduire, aller vers. Il y a un bénéfice global à adopter cette démarche, qui ne se limite pas à des chiffres.

Quelles habitudes alimentaires faudrait-il adopter en priorité ?

Dr Bernard Srour. Les résultats de l’étude vont dans le bon sens : plus de fibres (céréales complètes, fruits et légumes), plus de protéines végétales (légumineuses), et moins de viande rouge et de charcuterie (sans pour autant viser l’abstinence), et de produits sucrés.
L’étude ne mentionne pourtant nulle part le sodium ; or, l’excès de sel est à l’origine d’un nombre très élevé de décès. A mon sens, réduire les quantités de sel est également un élément important à mettre en place au sein de son alimentation.