Non classé Coronavirus Traçage numérique : faut-il en avoir peur ?

Traçage numérique : faut-il en avoir peur ?

Traçage numérique : faut-il en avoir peur ?

Avec le dépistage et le respect des gestes barrières, c’est la clé de la réussite du déconfinement : l’identification rapide des cas suspects de Covid-19 pour éviter la propagation de l’épidémie.

Crédit photo : Adobe stock

Le traçage numérique, que la France met en œuvre progressivement est le moyen le plus efficace pour identifier et « isoler » les personnes à risque ou infectées.
Ce suivi des cas contacts repose sur plusieurs outils. Le téléservice Contact Covid, élaboré par l’Assurance maladie avec les généralistes pour suivre les patients Covid+ et leurs proches. La base Sidep centralise les résultats des tests PCR des laboratoires d’analyses pour analyserl’évolution de l’épidémie. L’application Stop Covid, attendue début juin, permettra à l’utilisateur de savoir s’il a croisé le chemin d’une personne contaminée.

L ‘importance des ces dispositifs numériques pour briser les chaînes de contamination est bien comprise des lecteurs de Dr Good : vous êtes en majorité favorables à leur utilisation. Ce qui n’empêche pas certaines questions que nous avons regroupées ici.

Quel est le réel intérêt du traçage des patients ?

Le nouveau coronavirus est très contagieux, avant même l’apparition des premiers symptômes. Ainsi, une personne infectée, mais toujours en forme ou asymptomatique, risque de contaminer involontairement ses proches, une personne dans la rue ou au travail. Pour briser cette chaîne de contamination, il est donc indispensable à chaque fois qu’un malade est dépisté, d’alerter ses « cas contacts », de les dépister, et de les isoler s’ils sont aussi positifs.

Ce traçage sera-t-il intrusif pour les patients qui se rendent chez le médecin ?

Les généralistes, premiers maillons de la recherche des contacts, ont reçu pour instruction de ne pas assommer les patients de questions. Ils devront simplement recenser les personnes ayant été en contact rapproché, et a minima, celles qui partagent son domicile.
Chaque patient restera cependant libre de partager ou non ces informations et de donner le nom des personnes concernées. Ces dernières seront ensuite contactées par un salarié de l’Assurance maladie pour diffuser les consignes : s’isoler, se faire dépister, protéger ses proches.

Le secret médical est-il bien protégé ?

Oui, chaque intervenant de ces « brigades », médecins comme salariés de l’Assurance maladie, est tenu au secret médical ou professionnel. Des garanties ont été données à l’Ordre des médecins, qui soutient ce dispositif Contact Covid. De son côté, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a estimé que la constitution de ces fichiers relevait bien d’une stratégie sanitaire. A condition que ces informations soient détruites dans les trois mois qui suivent la fin de l’urgence sanitaire.

es applications mobiles de suivi vont-elles voir le jour ?

Une seule application mobile est développée aujourd’hui par le gouvernement. Elle devrait être disponible au plus tôt début juin. L’objectif est là aussi de prévenir toutes les personnes entrées en contact proche avec un malade testé positif au coronavirus. L’anonymat sera toutefois respecté et l’application ne demandera donc aucune donnée personnelle : pas d’état civil, ni même de numéro de téléphone. Elle ne sera pas non plus obligatoire. Par souci de transparence, Cédric O a d’ailleurs annoncé qu’une partie du code source de l’application sera prochainement diffusée.

Le traçage des cas a-t-il fait ses preuves dans les autres pays ?

Plusieurs pays asiatiques ont adopté massivement ces systèmes de traçage, en les rendant parfois même obligatoires. Selon une étude chinoise, ils se sont révélés essentiels pour contenir la propagation du coronavirus dans la ville de Shenzhen. Dans 11 % des cas, les malades tracés avaient contaminé un ou plusieurs membres de leur famille. Et dans 7 % des cas, une personne avec laquelle ils avaient partagé un repas.