Non classé Coronavirus Vaccination Covid-19 : le renfort des pharmaciens va-t-il changer la donne ?

Vaccination Covid-19 : le renfort des pharmaciens va-t-il changer la donne ?

Vaccination Covid-19 : le renfort des pharmaciens va-t-il changer la donne ?

Les pharmaciens vont, désormais, pouvoir vacciner. En effet, grâce à l’arrivée du vaccin AstraZeneca, il n’est plus nécessaire de le conserver à -70° mais seulement entre 4 et 8°. Tous les pharmaciens sont-ils obligés de mettre en place la vaccination ? Toutes les classes d’âges peuvent-elles se faire vacciner en pharmacie ? Cela va-t-il permettre d’accélérer la vaccination des Français ? L’équipe Dr.Good! répond à vos questions. 

Pexels – Maksim Goncharenok

« Vacciner tous les Français qui le souhaitent d’ici la fin de l’été », c’est l’objectif que s’est fixé Emmanuel Macron. Pour cela, il faut disposer d’un nombre suffisant de doses mais aussi de « vaccinateurs ».

Parmi les soignants, les pharmaciens réclament depuis des semaines d’être autorisés à « piquer ». Ces professionnels qui ont vu leurs missions s’élargir ces 10 dernières années à l’éducation thérapeutique, au dépistage, à la prévention et à la vaccination anti-grippale, vont être autorisés à injecter le vaccin AstraZeneca.

Pourquoi les pharmaciens vont-ils pouvoir vacciner contre le Covid-19 ?

Jusqu’à maintenant, les vaccinations n’avaient lieu que dans les hôpitaux et les centres de vaccination. Ce circuit a été choisi pour des raisons logistiques car les vaccins à ARN, actuellement sur le marché, doivent être conservés à -70°. Or ni les médecins libéraux, ni les pharmaciens ne disposent de supers congélateurs. En revanche, le vaccin d’AstraZeneca qui a été approuvé par la Haute Autorité de Santé (HAS) peut lui se conserver à des températures comprises entre 4 et 8°. Un simple frigo suffit !

La HAS s’est donc déclarée favorable à la vaccination par les pharmaciens et sages-femmes pour simplifier le circuit. « L’objectif est de diversifier le profil des vaccinateurs, d’augmenter leur nombre et multiplier les lieux de vaccination », précise-t-elle.

Quand les pharmaciens vont-ils pouvoir vacciner ?

Sans doute pas avant fin février, début mars. En effet, le vaccin Astra-Zeneca est recommandé, dans un premier temps, pour les personnes entre 50 et 64 ans et pour l’ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social de moins de 65 ans. Et comme les premières doses seront réservées aux soignants, elles iront dans les hôpitaux ou les cabinets de médecine générale.

Cependant, les pharmaciens vont commencer à mettre en place les prises de rendez-vous dans les prochains jours. Elles se feront probablement via leurs plateformes digitales. Sachez cependant que la vaccination par les pharmaciens se fera sur le mode du volontariat. Il se peut que l’officine la plus proche de chez vous n’y participe pas.

Cela va-t-il donner un coup d’accélérateur à la campagne de vaccination ?

Evidemment, tout dépend du nombre de doses qu’AstraZeneca sera en mesure de fournir ! Et du nombre de pharmacies qui se porteront volontaires. Mais, la France en compte plus de 21 000 réparties dans l’Hexagone.

Pour les tests antigéniques, la moitié s’est mobilisée et pour la vaccination contre la grippe, ce sont 18 500 pharmacies qui ont répondu présentes.

« En une semaine, nous avons vacciné 1,4 million de Français contre la grippe, et 3,7 millions en trois semaines », rappelle Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).

De plus, ils viennent en renfort d’autres catégories de soignants : les sages-femmes ainsi que les infirmiers et les médecins généralistes.

Les pharmaciens peuvent-ils faire face aux effets indésirables ?

Les pharmaciens ont l’habitude de vacciner contre la grippe depuis le 1er mars 2019. Ils participent aussi à des campagnes de dépistage. Deux syndicats de médecins sont plus réservés.« Le problème des vaccins, c’est qu’il y a quand même des petits risques, mais qui ne sont pas négligeables, d’allergie et de choc anaphylactique », a déclaré sur France Info l’un de ses représentants.

Le pharmacien Gilles Bonnefond (USPO), estime ces remarques infondées car ces effets indésirables sont très rares et « nous avons de l’adrénaline dans nos officines. Nous sommes capables de l’injecter en cas de besoin ».

Toutefois, la HAS « recommande aux personnes ayant des comorbidités ou étant dans une situation spécifique (grossesse, allaitement, allergies…) ou ayant déjà été atteints par la Covid-19, d’échanger avec leur médecin sur la vaccination ».

Les pharmaciens n’auront-ils le droit d’injecter que le vaccin AstraZeneca ?

Pour le moment, oui. Mais la HAS va mener une réflexion sur « l’élargissement des compétences vaccinales concernant l’administration et la prescription des vaccins à ARNm ».

En effet, une fois décongelés, ces vaccins peuvent être stockés pendant 5 jours à une température de 2 à 8 °C. Les pharmaciens estiment donc qu’ils peuvent s’organiser avec les grossistes répartiteurs pour se faire livrer les doses nécessaires pour 5 jours. Leurs confrères britanniques sont d’ailleurs entrés dans la campagne en janvier et les Américains commenceront le 11 février.