Non classé Coronavirus Tous vaccinés à la fin de l’été : le pari impossible ?

Tous vaccinés à la fin de l’été : le pari impossible ?

Tous vaccinés à la fin de l’été : le pari impossible ?

L’été approche et la vaccination ne semble toutefois pas s’être accélérée. Si 78 millions de doses doivent être reçues avant juillet, des vaccins comme celui de Janssen, qui ne nécessite qu’un seule dose, pourraient sensiblement changer le rythme de la vaccination. L’équipe Dr.Good! tente de déceler les solutions face à l’avancée tardive de cette vaccination. 

Adobe Stock- Halfpoint

Au 14 février, 2 254 688 premières injections contre le Covid-19 ont été réalisées en France (3,4 % de la population) et 647 173 personnes ont reçu les deux doses. Et ce, 7 semaines après le lancement de la campagne de vaccination.
Cette lenteur vivement critiquée n’a pas empêché Emmanuel Macron de promettre que « tous les Français adultes qui le souhaitent » seraient vaccinés d’ici à la fin de l’été. Il nous reste donc 7 mois et une semaine pour injecter deux doses de vaccins à 30 ou 40 millions de personnes (tout dépend du taux d’adhésion vaccinale) !
Le pari, osé mais pas impossible, dépend en réalité de plusieurs paramètres.

Disposerons-nous d’assez de doses de vaccins ?

Jean Castex a annoncé le 7 janvier que 78 millions de doses seraient livrées avant l’été. Cette commande suffirait à tenir la promesse du président de la République. Mais elle dépend de la capacité de production des industriels et de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de nouveaux vaccins.
En plus des trois déjà autorisés (Pfizer-BioNTech, Moderna et Astra-Zeneca), deux autres devraient être validés au printemps : celui de Janssen qui ne nécessite qu’une seule dose (8,1 millions de doses prévues d’ici juin) et celui de Curevac (5,2 millions de doses). Ce dernier n’a pas terminé la phase 3 des essais.

Sous-traiter une partie de la fabrication des vaccins permettra-t-il d’accélérer la cadence ?

C’est effectivement un point crucial. A partir de fin février-début mars, 4 sites de production français vont produire des vaccins. Une montée en charge progressive puisque le site Sanofi devrait produire 125 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech, mais seulement à partir de l’été.
Mais attention, cette sous-traitance est destinée à honorer les commandes de tous les pays européens.

Aura-t-on suffisamment de professionnels pour vacciner 40 millions de Français à 2 reprises ?

Avec l’arrivée du vaccin AstraZeneca, qui ne nécessite pas de conditions de conservation particulières, les  généralistes, les infirmiers, les pharmaciens et les sages-femmes vont pouvoir participer à la campagne de vaccination.
Le 25 février, ce sont les généralistes qui devraient commencer à piquer les 50-64 ans atteints de comorbidités. A condition que les médecins volontaires se soient manifestés auprès de leur pharmacie de référence une semaine avant.
D’après la Fédération des syndicats de pharmaciens d’officine, cette « nouvelle usine à gaz, risque, hélas, de briser l’élan nécessaire à la vaccination contre la Covid-19. Bon nombre de médecins, même les plus motivés, jetteront l’éponge face à ces nouvelles contraintes administratives. »

Qu’est-ce qui risque de gripper la machine ?

Même si les doses sont livrées à temps, et même si les soignants sont tous sur le pied de guerre, quelques grains de sable pourraient empêcher que tous les Français soient vaccinés à la fin de l’été.
Tout d’abord, l’émergence de mutants affaiblissant l’efficacité vaccinale obligerait les laboratoires à revoir leur copie.
En outre, les vaccins qui n’ont pas encore leur autorisation de mise sur le marché (AMM) seront-ils destinés à l’ensemble de la population ? Rien ne permet de l’affirmer à ce stade.
Enfin, l’apparition d’éventuels effets secondaires pourrait aussi nous obliger à ralentir le rythme. La vaccination des personnels soignants a par exemple été suspendue dans certains hôpitaux à cause de forts symptômes grippaux, cependant sans gravité, liés au vaccin AstraZeneca.

Et comment pourrait-on s’inspirer d’autres pays ?

15 millions d’Anglais vaccinés et 45 % des Israéliens, ce n’est pas un hasard si ces deux pays sont actuellement en tête en terme de nombre de citoyens protégés du Covid-19.
Ils ont tout d’abord passé commande beaucoup plus tôt que l’Europe, avant même d’avoir la preuve de l’efficacité des vaccins.
Israël a aussi accepté d’offrir à Pfizer les données médicales anonymisées des personnes vaccinées. Ces stratégies ont permis à ces pays de prendre une longueur d’avance mais la Grande-Bretagne a aussi recruté plusieurs dizaines de milliers de volontaires pour aider les soignants à vacciner?
En France, certains médecins généralistes contestent encore le droit aux pharmaciens de vacciner…