Les actus Dr Goodnews Alimentation Restauration rapide : bonne ou mauvaise pour la santé ?

Restauration rapide : bonne ou mauvaise pour la santé ?

Restauration rapide : bonne ou mauvaise pour la santé ?

Depuis l’arrivée de la Covid-19, du confinement et du couvre-feu, les services de livraison ont sensiblement augmenté. Les personnes les plus touchées sont celles qui n’ont pas vraiment le temps de se préparer à manger, comme : les étudiants et les jeunes travailleurs. Notre nutritionniste et diététicienne de référence Myriam Moussier, nous explique comment se faire plaisir en consommant des fast-foods.

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C’est un plaisir devenu rare en ces temps. Dans son dernier rapport, l’Anses (1) a analysé les comportements alimentaires des personnes qui ont recours  – hors période Covid – aux services de restauration rapide comme les cantines, les restaurants ou les fast-food.
Chaque semaine, 8 Français sur dix prennent un ou plusieurs repas hors domicile. L’Agence note que dans les cantines scolaires et d’entreprise, les consommations sont plutôt en phase avec les recommandations nutritionnelles.
En revanche, elle observe une hausse de la fréquentation des fast-food : la restauration rapide ne représente que 5 % de l’alimentation des adultes, mais le nombre de personnes qui s’y rendent au moins une fois par semaine a doublé entre 2006 et 2014.
L’Anses ne diabolise pas la restauration rapide ; elle  recommande de faire évoluer les préparations. Elle alerte sur des comportements alimentaires inadaptés dans ces lieux et sur le risque d’ « apports nutritionnels dégradés ».
De quoi s’agit-il, et comment les limiter tout en se faisant plaisir dans les fast-food ? Les réponses de Myriam Moussiernotre diététicienne Dr.Good  !(1)Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Quel rapport les Français ont-ils avec la restauration rapide ?

Myriam Moussier. Elle n’est pas prioritaire dans la vie des Français et j’ai pu observer une évolution depuis quelques années : les gens font globalement plus attention à ce qu’ils mangent. Mais le manque de temps pousse souvent à s’y rendre : les étudiants, les jeunes travailleurs, tous ceux qui ont à peine une heure pour manger et pas toujours le choix… chez eux, la consommation est plus marquée.
Avec la crise sanitaire et la fermeture des restos, les services de livraison ont explosé ; on peut se faire livrer un hamburger en 15 minutes et beaucoup le font. Mais en même temps, le choix sur ces plateformes est très varié. Il y a toute l’influence des préparations végétales type « Buddha bowl », des traiteurs, des salades, qui incite à d’autres comportements alimentaires.

Comment concilier plaisir et santé au fast-food ?

Myriam Moussier. Le principal problème de nos comportements au fast-food, c’est qu’on a tendance à cumuler les produits très gras, sucrés et salés.
L’idée, c’est de ne prendre qu’une seule préparation. Un hamburger mais pas de dessert; on emporte un fruit ou un yaourt de chez soi pour le manger après, au lieu d’acheter un beignet ou une glace.
Si l’on veut un soda (il faut toujours garder à l’esprit qu’une canette, c’est 7 morceaux de sucres), alors on opte pour un plat moins dense : une quiche, un sandwich plus léger… Il ne faut pas non plus culpabiliser car quand on va au fast-food, la notion de plaisir est fondamentale dans notre choix ; ne pas entrer en conflit avec ce plaisir, c’est important.

Les apports nutritionnels dégradés, c’est quoi ?

Myriam Moussier. Ces produits ont des qualités nutritionnelles pauvres : certains nutriments sont absents et d’autres sont en excès comme les acides gras saturés.
Les produits ne sont pas toujours frais et n’apportent pas de vitamines ; les viandes ultra-transformées sont pauvres en protéines.
A la fin de la journée, on a mangé et on est arrivé à satiété, mais on n’a pas reçu les apports nutritionnels essentiels.
Pour limiter cela, après un fast-food le midi, il faut compenser le soir en favorisant un apport en fruits et légumes, et en protéines de qualité (animales ou végétales).

Comment les fast-food peuvent-ils faire évoluer leur carte ?

Myriam Moussier. Il y a plein de manières d’améliorer les choses, tout en continuant à proposer des produits dans l’esprit fast-food. La viande pourrait être de meilleure qualité, avec des proportions plus raisonnables.
Dans les préparations, il y a beaucoup à faire : arrêter la surutilisation des matières grasses dans les cuissons, réduire les quantités de sel, mieux doser les sauces ajoutées… et créer du choix pour que le consommateur puisse diversifier son alimentation.