Les actus Dr Goodnews Médicament Pharmacien-correspondant : votre nouvel allié santé

Pharmacien-correspondant : votre nouvel allié santé

Pharmacien-correspondant : votre nouvel allié santé

Une nouveauté dans les parcours de soins : désormais, les patients pourront désigner leur « pharmacien correspondant ». Un décret paru au Journal Officiel trace les contours de ce nouveau statut.

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En étroite collaboration avec le médecin traitant, le pharmacien pourra renouveler périodiquement des ordonnances, adapter la posologie des traitements… sans que le patient ait à passer par la case médecin. Qu’est-ce que cette mesure va apporter aux patients ? Comment va-t-elle fluidifier les parcours de soins ?

Les réponses de Martial Fraysse, pharmacien et membre de l’Académie Nationale de Pharmacie.

Pourquoi cette mesure était-elle nécessaire ?

Martial Fraysse. Les discussions ont été engagées il y de quelques années mais la crise sanitaire a anticipé la décision de créer ce statut de « pharmacien correspondant ». Pendant l’épidémie, des pharmaciens ont été autorisés à renouveler des ordonnances de traitement, lorsque le médecin était malade par exemple. On a pu voir que ces dispositions ponctuelles répondaient très bien aux objectifs, à savoir : éviter les ruptures dans le parcours de soins, fluidifier la prise en charge, décharger le médecin de certaines tâches… mais aussi sécuriser la prise en charge des patients. Cela fait aussi gagner beaucoup de temps aux médecins et aux patients.

En quoi ce nouveau statut renforce-t-il la sécurité des patients ?

Martial Fraysse. Lorsqu’il faut modifier la posologie d’un traitement et qu’on est samedi, ou que le médecin n’est pas là, voilà ce qu’il se passe : soit le pharmacien le fait de manière non-officielle (en informant bien sûr le médecin) car il faut bien trouver une solution, soit rien n’est fait et il y a un risque de rupture de traitement, ou de report sur le 15. A présent, on va pouvoir faire cela dans un cadre sécurisé. Des protocoles seront établis à l’avance avec le médecin. Le patient sera reçu à l’officine, dans une salle permettant la confidentialité des échanges, et s’il déclare des effets indésirables (typiquement de l’hypotension, de l’hypercoagulabilité…), on pourra revoir ensemble les posologies – tout aura été prévu en amont avec le médecin traitant.

Est-ce que cela concerne tous les patients ?

Martial Fraysse. Pour le moment, cela s’adresse aux patients chroniques et aux personnes âgées, pour qui le renouvellement de prescription est fréquent et le besoin de surveiller les posologies, plus important. Mais on se rapproche du modèle canadien et de ses « ordonnances collectives » : pour les allergies saisonnières identifiées, par exemple, le pharmacien peut prescrire des anti-histaminiques ; ou des antipaludéens pour les voyages dans les pays à risque. On espère qu’en France, on suivra ce chemin !

Pour choisir votre pharmacien correspondant, rendez-vous sur le site de l’Assurance Maladie.