Non classé Coronavirus Hydroxychloroquine : trois raisons de douter

Hydroxychloroquine : trois raisons de douter

Hydroxychloroquine : trois raisons de douter

La visite d’Emmanuel Macron au Pr Didier Raoult a ravivé la polémique sur lee Plaquénil. Une forme de reconnaissance présidentielle qui heurte la communauté scientifique..

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L’autorité de santé italienne (Aifa) a rappelé qu’elle n’avait pas autorisé ce traitement contre le Covid-19. Aux États-Unis, la FDA a donné son feu vert à l’hôpital, tout en préconisant d’abord son utilisation dans le cadre des essais cliniques. La Chine préfère promouvoir un autre traitement, le favipiravir. Tandis que les médecins suédois ont abandonné son utilisation en dehors des essais cliniques, jugeant son efficacité limitée, tout en suspectant certains effets secondaires graves. Les effets secondaires. En France également, les autorités sanitaires redoutent ces risques. Depuis le 27 mars, 54 cas de troubles cardiaques liés à l’hydroxychloroquine, dont 4 morts soudaines ou inexpliquées, ont été signalés au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) de Nice.

Mais surtout, l’efficacité du traitement – hydroxychloroquine en combinaison avec l’azithromycine – reste à démontrer. Certes, l’infectiologue marseillais a remis au président de la République une étude portant sur 1 061 patients tendant à démontrer l’intérêt de la molécule. Mais les experts dénoncent deux biais dans ces travaux. L’absence de groupe témoin qui permet de comparer les effets de la molécule avec ceux obtenus avec un placebo.

De plus, les malades inclus dans cette étude sont jeunes, avec un âge médian de 43,8 ans, alors que les formes sévères touchent d’abord les personnes âgées. Par ailleurs  46 % étaient des hommes alors qu’ils représentent 60 % des patients hospitalisés.

En attendant les résultats sur l’hydroxychloroquine à la fin du mois, 440 essais cliniques sont en cours dans le monde dont 45 en France, championne d’Europe dans ce domaine.

Les antiviraux Une étude menée aux États-Unis menée sur le remdesivir (laboratoire Gilead) montre sa bonne tolérance et une amélioration des signes cliniques chez la majorité des patients traités (68 %). L’autre antiviral, le favipiravir est aujourd’hui le traitement de référence du Covid au Japon.

La sérothérapie. Elle consiste à injecter du plasma de patients guéris à des malades pour leur apporter des anticorps. Les premiers essais donnent des résultats encourageants.

Le vaccin. Plusieurs recherches sont en cours de développement dans le monde dont deux essais cliniques sur l’homme aux États-Unis. Mais il faudra sans doute attendre l’hiver prochain pour le voir arriver dans les pharmacies.