Les actus Dr Goodnews Alimentation Viande rouge : consommer sans se goinfrer

Viande rouge : consommer sans se goinfrer

Viande rouge : consommer sans se goinfrer

Pour ou contre ? L’affrontement entre les amateurs de viande rouge et ses opposants prend de l’ampleur. Entre les vertus nutritives et les risques pour la santé, le choix de la modération s’impose.

Crédit photo: Adobe Stock par Stepanek Photography

Va-t-on voir prochainement sur les devantures des boucheries : « Manger de la viande tue » ? En tout cas, plusieurs d’entre elles ont été attaquées ces dernières semaines. Depuis l’annonce de son caractère cancérogène par l’OMS, la viande rouge déchaîne les passions et pas seulement dans le rang des antispécistes et des vegan. Au-delà des courants de pensée,
le sujet n’est pas si marginal sur le plan médical : environ 6.000 cancers colorectaux pourraient être évités chaque année en France en limitant la consommation de viandes rouges et de charcuteries ! Rien avoir avec les ravages du tabac ou de l’alcool. Pour la viande rouge, c’est juste une question de modération.

Pour limiter le risque de cancer, faut-il vraiment manger moins de viande rouge et de charcuterie ?

Oui, selon une synthèse s’études réalisées par l’OMS, le risque de cancer colorectal
augmenterait de 17 % pour chaque portion de 100 grammes de viande rouge consommée
par jour. En cause, le fer héminique qui donne à la viande sa couleur rouge. Sous l’effet de la
salaison, il peut provoquer une réaction négative en particulier ave les viandes transformées, comme les charcuteries. Ainsi, 50 grammes de cette viande consommée tous les jours
augmenteraient le risque de cancer colorectal de 18 % environ.

Y a-t-il des viandes qu’on peut manger en toute sécurité ?
Comme souvent en matière d’alimentation, c’est l’excès qui fait le risque. Mais la viande blanche, pourtant meilleure pour la santé, est associée à une hausse du mauvais cholestérol si l’on en mange trop. Donc pour éviter ces risques, il est simplement recommandé de ne pas dépasser les 400 grammes par semaine. Et de privilégier les viandes maigres , le rumsteck plutôt qu’une côte de bœuf, le gigot plutôt que les côtelettes, sans oublier bien sûr le poisson, les œufs et les produits laitiers.

Quelle est la solution au risque de carence en vitamine B12 dans un régime sans viande ?
La viande a en effet une valeur nutritive indiscutable. Les protéines animales participent notamment à la constitution de nos tissus et de nos muscles. Elle apporte également de nombreuses vitamines du groupe B. Supprimer la viande de son alimentation suppose donc une surveillance adaptée des autres apports énergétiques. Certains légumes sont à privilégier, comme les légumineuses, les céréales et les noix. Sans oublier l’incontournable tofu, une pâte à base de soja riche en fer.

À mon avis, la fausse viande est encore pire pour attraper le cancer.
Il faut en effet rester vigilant. Même sans viande, les steaks végétaux, pizzas et autres plats préparés « végétariens » sont des aliments ultratransformés, riches en sel et en sucre, pauvres en micronutriments et qui cachent parfois des additifs douteux, comme les nitrates et les nitrites. Selon une étude française, une augmentation de 10 % de la proportion d’aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire est associée à une augmentation de plus de 10 % des risques de développer un cancer. Un seul conseil ici : préférez le fait maison, ce n’est pas plus cher, et bien meilleur pour la santé