Les actus Dr Goodnews Sommeil : comment le préserver avec l’âge

Sommeil : comment le préserver avec l’âge

Sommeil : comment le préserver avec l’âge

En grandissant le rythme du sommeil est modifié, les besoins changent. On ignorait jusqu’ici quels étaient les facteurs dû à ses changements. Le Dr Sylvie-Parola, psychiatre spécialiste du sommeil nous explique tout.

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Pourquoi le sommeil change-t-il avec l’âge ?

Dr Sylvie Royan-Parola. Il y a des explications physiologiques, des mécanismes chronobiologiques en jeu ; mais en réalité on ne les connaît pas très bien. Au-delà de l’aspect biologique, on sait qu’avec l’âge, les rythmes de vie sont profondément modifiés. Certaines personnes gardent une activité physique, intellectuelle, sociale importante ; d’autres ont une chute drastique de tous ces investissements. Et cela interfère logiquement avec le sommeil, dont la composante comportementale est très importante.  

Comment ces changements se manifestent-ils ?

Dr Sylvie Royan-Parola. Tout au long de la vie, le sommeil change. Chez les adolescents, l’horloge est décalée, plus tardive. Elle se rééquilibre à l’âge adulte puis elle avance chez les seniors : on se couche plus tôt et on se réveille plus tôt. En effet, quand on prend de l’âge, le sommeil a tendance à se répartir différemment. Il y a une diminution du temps de sommeil de nuit, avec un fractionnement de ce sommeil – la personne se réveille pendant la nuit – ainsi que l’apparition d’une sieste. 
Tout ceci est favorisé par le comportemental : si on est inactif et qu’on se couche très tôt, on passe plus de temps au lit et donc le sommeil est davantage fractionné.

La vieillesse est donc une période à risque pour son sommeil…

Dr Sylvie Royan-Parola. Oui, mais c’est parce qu’avec l’âge, les pathologies du sommeil augmentent : syndrome des jambes sans repos, trouble du mouvement périodique des membres, apnées du sommeil… Ces troubles sont largement sous-diagnostiqués, et quand la personne âgée se plaint de son sommeil, on a tendance à lui prescrire des somnifères qui sont en fait inadaptés. Si la qualité du sommeil se dégrade, c’est souvent qu’il y a une cause sous-jacente. 
Pour faire la différence entre une altération « normale » du sommeil, et une cause pathologique, il faut observer l’état de la personne pendant la journée : si elle est en forme physiquement, autant que sur le plan moral, tout va bien, alors il ne faut pas s’inquiéter. Le problème, c’est qu’avec l’âge, on a plus de pathologies, et donc on ressent plus de fatigue. On a vite fait d’incriminer le sommeil alors que souvent, la cause est autre.

Comment accompagner ces changements ?

Dr Sylvie Royan-Parola. Il faut d’abord prendre conscience que ces modifications sont normales. Le sommeil se modifiant, la personne peut interpréter ces signaux comme étant délétères, se dire qu’elle dort mal ou pas assez, et commencer à prendre des médicaments pour dormir. Le risque, c’est l’aggravation de la qualité du sommeil. 
En fait, beaucoup de personnes âgées passent trop de temps au lit. Il est important, pour conserver un bon sommeil lorsqu’on vieillit, de garder un rythme structurant, de ne pas se coucher trop tôt, même si on n’a rien à faire. Il convient d’aller au lit seulement si on a envie de dormir, et de se lever même si on n’a rien de prévu pour la journée. Il est intéressant de ritualiser le lever (par une séance de gym, ou une activité intellectuelle…) et, d’un jour à l’autre, de garder une régularité dans ses rythmes et ses activités, car c’est très structurant pour le sommeil. Il faut aussi bien séparer l’espace pour dormir et l’espace de vie, ne pas faire tout dans sa chambre. Enfin, il faut s’exposer à la lumière naturelle dans la journée.