Les actus Dr Goodnews Bien-être Purificateurs d’air : doit-on s’équipeR pour se protéger ?

Purificateurs d’air : doit-on s’équipeR pour se protéger ?

Purificateurs d’air : doit-on s’équipeR pour se protéger ?

Les purificateurs d’air permettraient de limiter la transmission des gouttelettes, en en détruisant certaines. Gestes barrières, efficacité, asthme, allergie, écoles : comment et dans quelles circonstances utiliser les purificateurs d’air ? Nous répondons à toutes vos questions.

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Avec le retour en classe des primaires puis des collégiens et lycéens la semaine prochaine, la question de la qualité de l’air dans les classes ressurgit. Les écoles allemandes et espagnoles ont déjà massivement investi dans des purificateurs d’air pour faire la chasse au virus mais la France est restée prudente.
Face à un nombre croissant d’études montrant leur efficacité, le ministre de l’Education nationale a changé d’avis. « Nous encourageons les collectivités à installer des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air à chaque fois que cela est pertinent », a déclaré Jean-Michel Blanquer.
De votre côté, vous vous interrogez encore sur l’intérêt d’avoir de tels appareils chez vous ? Dr.Good! vous répond.

Pourquoi les purificateurs d’air apparaissent de plus en plus comme un outil de lutte contre le Covid-19 ?

Au début de la pandémie, nous pensions que le Sars-Cov2 se diffusait essentiellement par les mains, comme c’est le cas pour d’autres virus, et notamment celui de la gastro-entérite par exemple.
Ensuite, il a été clairement démontré que le virus se propageait via des gouttelettes émises notamment lors d’éternuements. En juillet 2020, la transmission par voie aérienne a été reconnue par l’OMS. Le virus, transporté par des gouttelettes microscopiques qui se propagent dans l’air de lieux clos, peut être inspiré et donc infecter une personne, avant même que les gouttelettes ne retombent.
C’est à ce mode de transmission que s’attaquent les purificateurs d’air.

Les purificateurs d’air sont-ils efficaces contre le covid-19 ?

Tout d’abord, pour assainir votre air intérieur, vous avez le choix entre cinq procédés répartis en deux grandes familles : les appareils qui capturent les polluants et ceux qui les détruisent.
Contre la Covid-19, seule la filtration mécanique est efficace. Il s’agit des appareils dotés de filtres HEPA (High efficiency particulate air) de classe 13 et 14.
Une étude commandée par la région Auvergne-Rhône-Alpes a montré que ces appareils capturaient plus de 99 % des virus aéroportés et qu’ils devenaient ensuite inertes au bout de 48h. L’INRS (Institut national de recherche et sécurité) estime également que ces purificateurs « peuvent diminuer la concentration de virus susceptibles d’être présents dans l’air ».

Les purificateurs d’air permettent-ils de tomber le masque ?

Absolument pas ! Si les purificateurs d’air capturent bien les aérosols, ils ne seraient pas efficaces contre les plus grosses gouttelettes qui peuvent être projetées rapidement sur les muqueuses, ni contre les particules de virus qui retombent sur les surfaces, ni évidemment contre celles qui sont sur vos mains.
C’est pourquoi les gestes barrières (masques, distanciation physique, lavage des mains et aération de la pièce) doivent absolument être maintenus. En outre, il faut s’assurer que l’appareil est assez puissant pour la taille de la pièce et changer régulièrement les filtres.

Est-il utile d’acheter un purificateur d’air pour chez moi ?

Difficile de répondre catégoriquement à cette question. Cependant, si la question se pose pour les écoles, c’est précisément parce que ce sont des lieux qui accueillent beaucoup de monde.
Chez vous, à l’heure où les fêtes familiales sont déconseillées et où il est facile d’aérer plusieurs fois par jour, la concentration de virus dans l’air sera forcément bien moins importante. L’achat d’un purificateur d’air – qui coûte tout de même plusieurs centaines d’euros- peut se discuter. Si vous avez des personnes asthmatiques chez vous, l’investissement peut valoir le coût.
Une étude menée aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg a démontré que chez les personnes allergiques aux poils de chat, les crises étaient bloquées dans 60 % des cas.

Ne vaut-il pas mieux privilégier de toute façon les activités en extérieur ?

Oui, le virus préfère les espaces confinés ! Pourtant, il ne faudrait pas croire que les pique-niques et autres barbecues entre amis sont absolument sans danger sous prétexte qu’ils sont organisés au grand air.
Le Haut Comité de Santé Publique (HCSP) recommande de continuer à respecter l’application des mesures barrières en milieux extérieurs ouverts » même pour les personnes vaccinées.
Sur France Inter, Fabien Squinazzi, médecin biologiste et membre du HCSP, alertait sur le fait que « dans un pique-nique, en mangeant les uns en face des autres, les participants vont créer un nuage de gouttelettes. Les plus fines vont se disperser, mais les plus grosses pourront contaminer une personne qui se trouve à moins de deux mètres et sans masque ».