Les actus Dr Goodnews Pollens : sommes-nous tous allergiques ?

Pollens : sommes-nous tous allergiques ?

Pollens : sommes-nous tous allergiques ?

Le printemps arrive et avec lui la floraison des arbres et des fleurs. On observe déjà dans le sud de la France le retour des pollens et donc un boom des allergies. Augmentation du nombre de personnes touchées par les maladies allergiques depuis 40 ans, rôle du réchauffement climatique, facteurs aggravants et irritants, utilité des masques chirurgicaux : l’équipe Dr.Good! répond à toutes ces questions.

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Bonne nouvelle, le printemps est de retour ! En revanche, les pollens reviennent en force. Et là, c’est la « cata » ! Nez qui coule, éternuements, yeux irrités avec en prime le port du masque.
Une vingtaine de départements du sud sont classés à « risque très élevé » d’allergie et une quarantaine à « risque moyen à élevé ». Cyprès, aulnes, frênes… de nombreux pollens envahissent l’Hexagone.
Une plaie pour près d’un tiers de la population française qui souffre de rhume des foins.
Pourquoi les allergies sont en plein boum ? Dr Good! débroussaille le sujet.

Les pollens sont-ils de retour partout en France ?

Non, c’est pour le moment le sud qui est le plus concerné. Dans son bulletin du 26 février, le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) alertait sur un risque d’allergie élevé à très élevé pour les pollens de cyprès de la côte Basque à la côte d’Azur, avec plusieurs milliers de grains de pollens comptabilisés sur leurs capteurs dans cette zone.
« Attention aux rafales de vent qui pourront exacerber les symptômes de conjonctivites chez les allergiques », ajoutait-il.
Cependant, le risque d’allergie est moyen à élevé pour les pollens d’aulne qui montent en puissance dans le reste de la France, et notamment en Ile-de-France, dans l’Est, le Sud-Ouest et la Normandie.
Pour suivre les pollens à la trace, vous pouvez aller sur le site pollens.fr ou télécharger l’appli « Allerte Pollen ».

Une alerte pollinique dès la fin du mois de février, c’est normal ?

Le temps printanier a bien évidemment favorisé la floraison des arbres. Mais le réchauffement climatique a aussi sa part de responsabilité dans le boum des allergies.
La saison pollinique est de plus en plus précoce, celle des pollens de cyprès s’est par exemple allongée de 18 jours au cours des 15 dernières années. Et la concentration de pollens dans l’air est inédite.
Des allergies à certaines espèces d’arbres localisées dans le sud de la France, comme le cyprès, sont même observées au nord de la Loire.

Est-ce que de plus en plus de Français sont allergiques ?

Oui, les allergies sont en plein boum. On estime aujourd’hui que 25 à 30 % de la population est concernée par une maladie allergique. Et le rhume des foins ne fait pas exception à la règle. Dans les années 80, il touchait 10 % de la population, contre 30 % aujourd’hui.
Et la pollution est une des responsables. L’inhalation de particules fines et très fines provoque une inflammation des bronches qui favorise la pénétration des allergènes dans les voix respiratoires.
Comme le précise l’Anses (1) dans un rapport de 2014, « l’ozone altère les muqueuses respiratoires et augmente leur perméabilité. Ce qui engendre une réaction allergique à des concentrations de pollen plus faible. »
(1)Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement

Pour diminuer l’exposition aux pollens, dois-je éviter au maximum de sortir ?

Inutile de vous claquemurer, les pollens pénètrent aussi dans votre air intérieur. D’ailleurs, il est conseillé d’aérer au moins 10 min par jour avant le lever et après le coucher du soleil.
Cependant, mieux vaut éviter de faire sécher son linge à l’extérieur ainsi que les activités sportives en plein air qui entraînent une surexposition aux pollens.
De plus, gardez les vitres de votre voiture fermées pour éviter que les pollens ne rentrent dans l’habitacle, et rincez vos cheveux le soir.
Enfin, les symptômes du rhume des foins risquent de s’aggraver en présence d’autres produits allergisants ou irritants, tels que le tabac, les parfums d’intérieur, les bougies ou encore les produits ménagers !

Les maques anti-Covid font-ils barrage aux pollens ?

A cause de leur taille, les pollens devraient être bloqués par les masques chirurgicaux. La protection risque malgré tout de ne pas être parfaite. Les pollens volent et parviennent alors à se glisser par les ouvertures du masque.
Le ministère de la Santé indique sur son site qu’en cas de nécessité, on peut privilégier le port de lunettes de protection et de masque. Les études sur le sujet sont rares. D’après l’une d’entre elles, citée par Sciences et Avenir et publiée il y a quelques années, « la diminution du taux d’invasion pollinique dans les fosses nasales due au port d’un masque facial est statistiquement significative. Mais, il peut être difficile d’éviter le pollen même en portant un masque facial et des lunettes lorsque la vitesse du vent est élevée. »