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Maladies cardiaques : les femmes jeunes de plus en plus exposées

Maladies cardiaques : les femmes jeunes de plus en plus exposées

La proportion de jeunes femmes françaises qui ont fait un infarctus du myocarde a sensiblement augmenté depuis 30 ans. Le facteur de risque majeur est le tabac. Cependant, d’autres éléments peuvent entrer en compte. Le Pr Nicolas Danchin, cardiologue à l’Hôpital Européen George Pompidou, réalise un état des lieux de la situation française.

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Les maladies cardiaques, c’est pour les séniors. Et non !  Une étude américaine alerte sur une augmentation du nombre de cas de pathologies cardiaques chez les moins de 45 ans.
En cause : une augmentation de la consommation de substances psychoactives – tabac, cannabis, alcool, cocaïne – qui seraient responsables, chez ces personnes pourtant en bonne santé et sans facteurs de risque, de maladies cardiovasculaires.
Ces résultats doivent être interprétés avec nuance : les habitudes de vie et de consommation outre-Atlantique ne sont pas les mêmes qu’en France. Mais ils nous rappellent que les maladies cardiaques n’épargnent pas les jeunes, les femmes en particulier.
Le Pr Nicolas Danchin, cardiologue à l’Hôpital Européen George Pompidou (Paris), explique comment se protéger.

Recevez-vous plus de jeunes dans votre patientèle ?

Pr Nicolas Danchin. Oui. Ça augmente, même si les moins de 45 ans ne sont pas majoritaires. La proportion de jeunes Français qui font des infarctus du myocarde augmente régulièrement depuis 20 ans, en particulier chez les femmes. En 1999, 13 % des personnes atteintes d’infarctus du myocarde âgées de moins de 55 ans étaient des femmes ; en 2015, cette proportion a atteint 30 %. Il s’agit donc d’une hausse considérable des cas d’infarctus du myocarde sur cette population.

A quoi peut-on attribuer cela ?

Pr Nicolas Danchin. Clairement, le facteur de risque majeur, c’est le tabac. La hausse des cas d’infarctus du myocarde chez les jeunes femmes est directement corrélée à l’augmentation du tabagisme au sein de cette population.
La consommation de tabac diminue en France, sauf chez les femmes où elle continue de progresser.
Concernant les autres produits psychoactifs, on voit effectivement plus de jeunes patients en consultation qui ont des troubles cardiaques liés à une consommation de cocaïne. Ça reste marginal, mais parmi ces jeunes patients, il y a un risque élevé d’infarctus, chez l’homme comme chez la femme.

Le surpoids et la sédentarité sont-ils en cause ?

Pr Nicolas Danchin. En clinique, on n’observe pas encore cet effet là, mais on peut tout à fait l’anticiper. L’augmentation du surpoids et de l’obésité chez les enfants et jeunes adultes, mais aussi le temps passé devant les écrans – qui est autant de temps passé à ne pas marcher ou faire de l’activité physique – risquent clairement d’induire une hausse des pathologies cardiaques chez des patients jeunes.
Dans 20 ans, les patients qui viendront consulter pourraient effectivement être assez jeunes.

Comment cibler cette population, qui se sent en bonne santé ?

Pr Nicolas Danchin. C’est compliqué, parce qu’en effet, les jeunes ne se projettent pas dans leur santé future. Le message à passer, c’est celui-ci : vous avez beau avoir moins de 45 ans et pas de facteurs de risque, si vous consommez des produits toxiques, vous mettez votre cœur en danger. Et le produit toxique le plus largement répandu, c’est le tabac.
C’est un peu « cul-cul » à dire comme ça, mais il faut prendre conscience que les comportements d’aujourd’hui auront un effet sur votre cœur, plus tard – même si vous êtes en bonne santé, et même si vous n’avez aucun antécédent familial.

Votre cœur est-il en bonne santé ? Pour le savoir, faites le test : montez 4 étages. Si vous mettez moins d’une minute à gravir les marches, vous avez tout bon ! S’il vous en faut plus et que vous êtes essoufflé, mieux vaut consulter.