Les actus Dr Goodnews Addictions L’alcool au féminin : en finir avec le tabou

L’alcool au féminin : en finir avec le tabou

L’alcool au féminin : en finir avec le tabou

L’addiction des femmes à l’alcool reste un sujet peu abordé dans notre société. Pourtant cette addiction est en hausse depuis ces 10 dernières années. Le psychiatre Jean-Victor Blanc nous parle des avancées récentes en la matière.

Par le psychiatre Jean-Victor Blanc.

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Longtemps stigmatisée, la dépendance à l’alcool chez les femmes était entourée de silences, qui empêchaient l’accès aux soins. Des séries comme « Le Jeu de la Dame » (Netflix) ou le livre « Sans alcool » (Flammarion) de Claire Touzard, ont contribué à lever le voile.

Une tendance inquiétante

La France est le 4e consommateur d’alcool au monde. Il y a environ trois fois plus d’hommes que de femmes qui boivent de l’alcool tous les jours. Mais il y a une augmentation continue chez ces dernières. Le nombre de femmes déclarant une ivresse au cours de l’année a triplé entre 2000 et 2018 (1).
Ainsi, elles sont de plus en plus nombreuses à avoir un problème avec l’alcool.
15 % des moins de 35 ans auraient une consommation à risques. Une forme d’émancipation, de socialisation, une façon de résister à la pression, les raisons sont multiples et le danger augmente avec le niveau de responsabilité dans le travail.

(1) Les évolutions de la consommation d’alcool en France et ses conséquences 2000-2018, OFDT.

Des effets plus néfastes

Une tendance inquiétante car les femmes sont plus vulnérables aux effets néfastes de l’alcool. Non seulement la vitesse d’élimination de l’alcool est moindre, mais elles sont plus à risque de développer des maladies du foie, comme la cirrhose, que les hommes. Pourtant, l’image de la « mauvaise femme », souvent attribuée à celles qui ont un problème de dépendance, a souvent contribué à une silenciation de leur souffrance. Comme on le voit dans la série Desperate Housewives , lorsque Bree van de Kamp développe une addiction à l’alcool. Elle se cache alors pour boire, ressentant de la honte et culpabilité, et de ce fait n’arrive pas à trouver de l’aide.

Des soins enfin adaptés

Pourtant, aujourd’hui, les lignes bougent. Des ouvrages spécialisés (L’alcoolisme au féminin, Laurent Karila, éd. Leduc, Les Femmes face à l’alcool », Fatma Bouvet de la Maisonneuve éd. Odile Jacob) sont de précieuses sources d’informations pour les personnes concernées et pour leur entourage.
Des centres de soins en alcoologie proposent ainsi des groupes de paroles réservés aux femmes. Enfin, les récits de femmes inspirantes, comme celui de Claire Touzard, qui a surmonté ses problèmes d’alcool, sont une source d’espoir et une aide précieuse pour faire changer les mentalités sur le sujet dans notre société.