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Addictions : quatre idées reçues à combattre

Addictions : quatre idées reçues à combattre

Notre psychiatre, Culture Pop & Psy, Jean-Victor, revient sur quatre grandes idées reçues que l’on se fait sur les addictions : arrêt de la drogue, égalité face à l’addiction, abstinents ennuyeux et impuissance face à une personne addict.

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« Je suis addict au chocolat », « ma drogue, c’est le téléphone » ou « boire moins d’alcool, c’est juste une question de volonté »… On a tous beaucoup d’idées reçues sur les addictions. Mais savez-vous vraiment ce que sont les addictions ? Petit tour d’horizon afin d’avoir les idées plus claires.

Arrêter la drogue, c’est juste une question de volonté

Faux. Selon l’Académie de médecine, « l’addiction est une maladie cérébrale chronique caractérisée par la compulsion à consommer une substance psycho-active ou répéter un comportement malgré les conséquences néfastes sans que la volonté du sujet puisse s’y oppose ».
Pour quelqu’un souffrant de dépendance, le fait même de vouloir arrêter sans le pouvoir fait partie des symptômes de sa maladie ! Le dicton « quand on veut on peut » ne s’applique donc pas à l’addiction.

On est tous égaux face à l’addiction

Faux. Beaucoup de facteurs peuvent nous rendre plus vulnérables à l’apparition d’une addiction. La question de l’hérédité est importante, par exemple. On sait qu’il y a des familles dans lesquelles les maladies du cœur sont plus fréquentes, il en est de même pour les addictions. I
Pour autant, il ne faut pas être fataliste : il ne s’agit pas de la transmission d’un gène qui rendrait addict sans que l’on ne puisse rien y faire. En revanche, connaître sa fragilité amène à faire plus attention vis-à-vis de sa consommation.

Les personnes abstinentes sont ennuyeuses

Faux. La preuve, de la pop star Miley Cyrus à l’acteur hollywoodien Bradley Cooper ou encore la journaliste Claire Touzard ; de nombreuses personnes refusent les diktats qui voudraient qu’être cool passe forcément par la consommation. Que ce soit par choix personnel ou à la suite d’une dépendance, ne pas vouloir consommer d’alcool ou d’autres drogues ne devrait pas être jugé.
D’ailleurs, aujourd’hui, la tendance des boissons sans alcool et autres mocktails montre bien que les choses évoluent. L’actrice et chanteuse Jennifer Lopez le répète d’ailleurs à l’envi lorsqu’on lui demande ses secrets beauté: « 8 heures de sommeil… Et pas d’alcool ! ».

On ne peut rien faire pour une personne addict

Faux. Beaucoup de choses existent aujourd’hui afin de soigner les addictions : des consultations spécialisées en addictologie, une hospitalisation pour un sevrage, le soutien de pairs aidants… C’est très vaste.
En revanche, il est vrai que la volonté de la personne de consulter pour réduire ou arrêter est nécessaire afin que les soins soient efficaces. Pour cela, le rôle de l’entourage est précieux : plus il se renseignera sur les addictions et plus la personne concernée pourra se sentir comprise, non jugée, et accepter de consulter si nécessaire.