Les actus Dr Goodnews Maltraitance : des personnalités portent la voix des enfants

Maltraitance : des personnalités portent la voix des enfants

Maltraitance : des personnalités portent la voix des enfants

La double peine ! Pour certains enfants, le confinement s’est transformé en cauchemar. Victimes de maltraitance, ils ont été enfermés de longues semaines avec leur bourreau.

Illustration : Naël Alyafi

Redoutant une hausse des cas passés sous silence, les professionnels se mobilisent avec l’appui de personnalités pour appeler à la vigilance de chacun.
Toutes les semaines en France, deux enfants meurent sous les coups de leurs parents, grands-parents, d’un oncle, d’une tante ou d’un proche de la famille. Ces violences se sont exacerbées dans le huis clos du confinement. Le nombre de signalements au Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger (119) a doublé mi-avril. Preuve des effets positifs de la prévention, les jeunes en danger sont plus nombreux à décrocher eux-mêmes le téléphone (+80 % sur un an) tout comme leurs camarades (+58 %) ou, durant ces dernières semaines, les voisins (+80 %).

Un collectif de professionnels de la communication (France Pub) s’est rapproché du Secrétariat d’Etat pour la Protection de l’Enfance pour lancer une campagne de sensibilisation visant à inciter les  enfants à appeler le 119 Allô Enfance en Danger. Des personnalités, comme Bruno Solo (voir l’entretien), ont relayé ce message sur les réseaux sociaux. Résultat, les appels ont augmenté de 35 %. Un progrès même si la Haute Autorité de santé (HAS) estimait il y a quelques années que 90 % des cas de maltraitance n’étaient pas déclarés.
Ce devoir d’ingérence, comme l’appelle Bruno Solo, peut s’exprimer à plusieurs niveaux.

Bousculer les idées reçues. Les enfants maltraités, comme leurs agresseurs, appartiennent à tous les milieux sociaux. Ces derniers, en majorité des hommes adultes, sont souvent dans l’entourage de l’enfant ou même de son milieu familial. Contrairement à une idée bien ancrée, un enfant victime n’amplifie jamais les faits. Il faut donc éviter de mettre en doute ses propos.

Alerter au moindre doute. La non-assistance vise non pas le fait de ne pas parler, mais le fait de ne pas agir. Aucune poursuite ni sanction n’est possible si le signalement, même s’il se révèle infondé, est effectué auprès des professionnels agréés. En cas de doute, il faut appeler le 119 (appel gratuit), en toute confidentialité, 24h/24 et 7j/7. Les services de la Protection de l’enfance et/ou la Justice seront chargés de qualifier la situation puis d’y donner suite si besoin.

Connaître les moyens de signalement. Outre le 119, un dispositif d’alerte a été mis en place avec les pharmaciens afin que les témoins ou les jeunes victimes puissent signaler les violences. En cas d’urgence, la cellule départementale de recueil (CRIP) peut également être saisie. Ou encore les autorités judiciaires. Si l’enfant est souffrant, il doit alors être transféré à l’hôpital par le Samu qui fera le signalement.