Les actus Dr Goodnews Bien-être Santé mentale : pourquoi les jeunes sont les premières victimes de la crise

Santé mentale : pourquoi les jeunes sont les premières victimes de la crise

Santé mentale : pourquoi les jeunes sont les premières victimes de la crise

Des enquêtes récentes ont montré que les jeunes étaient fortement impactés par la crise sanitaire : mentalement, socialement et économiquement. Entre cours à distance et sédentarité, perte d’emploi et sorties entre amis largement réduites, les jeunes en ont marre. L’équipe Dr.Good! réalise un état des lieux de la situation et met en lumière les différentes aides mises en place et solutions à disposition. 

Pexels – Andrea Piacquadio

Les personnes âgées sont celles qui paient le plus lourd tribut à la pandémie. Pourtant, les plus jeunes, épargnés par les formes graves de Covid-19, trinquent mais d’une autre façon. 2 sur 3 estiment que cette crise aura des répercussions négatives sur leur santé mentale, selon un sondage réalisé par Ipsos pour FondaMental.
Les spécialistes confirment et alertent sur une « 3ème vague psychiatrique », notamment chez les étudiants. Et pas uniquement ceux qui ont déjà des fragilités psychologiques. 3 jeunes sur 10 ont des pensées suicidaires et plusieurs sont déjà passés à l’acte sur des campus.
Des voix s’élèvent même pour demander que les jeunes fassent partie des publics prioritaires à vacciner.

Les jeunes sont-ils plus affectés psychologiquement par la pandémie ?

La santé mentale de l’ensemble de la population est évidemment mise à rude épreuve. La psychiatre Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental, a déclaré que plusieurs études mettaient en évidence une hausse de 30 % des risques de nouveaux cas de dépression et de 20 % de nouveaux cas de troubles d’anxiété.

Mais cette « 3ème vague psychatrique » toucherait plus les jeunes. Une enquête de l’Ifop réalisée pour l’association Astrée révèle que 7 étudiants sur dix ont indiqué souffrir davantage de solitude depuis le début de la crise du Covid-19, un chiffre supérieur de 17 points à celui mesuré auprès de l’ensemble de la population française (51 %).

Même constat du côté de Santé Publique France : la prévalence des états dépressifs a doublé entre fin septembre et début novembre et les premières victimes sont les 18-24 ans.

Quelles sont les raisons de ce malaise ?

Les étudiants sont privés de cours en présentiel depuis octobre, auquel s’ajoute le premier confinement. Pour eux, c’est souvent du 100 % distanciel contrairement aux adultes.
Deuxième facteur de risque : la précarité économique. Privés de petits boulots, 74 % d’entre eux ont rencontrent des difficultés financières, d’après une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). « On n’a jamais connu une telle situation », alerte  son président, Paul Mayaux. 30 % des jeunes ont renoncé à l’accès aux soins pendant la pandémie faute de moyens. Enfin, vivre dans une chambre étudiante de quelques mètres carrés avec une vie sociale plus que réduite favorise les symptômes dépressifs.

Les enfants sont-ils eux aussi impactés ?

Moins privés d’école, et donc de vie sociale, confinés mais avec leurs parents, les plus jeunes sont apparemment moins touchés psychologiquement. Une étude de l’Ined réalisée après le 1er confinement, est plutôt rassurante. Seule « une petite proportion d’enfants, 13 %, ont connu des difficultés socio-émotionnelles comme l’isolement, l’anxiété, la difficulté à se concentrer ou l’impulsivité ».
L’enquête signale malgré tout des troubles du sommeil chez 22 %. Et une augmentation du temps d’écran : il est passé de 1h45 à 2h45 par jour. Des éléments qui peuvent à terme fragiliser la santé mentale.

Le gouvernement a-t-il pris des mesures pour répondre à cette souffrance psychologique ?

Afin d’évaluer précisément l’ampleur du problème, une enquête nationale sur la santé mentale des jeunes et des enfants va être lancée au printemps. En outre, lors d’un déplacement à l’université Paris-Saclay, Emmanuel Macron a annoncé la création en février d’un « chèque-psy » d’un montant de 96 €, couvrant les frais de 3 consultations chez des psychologues conventionnés. Par ailleurs, les étudiants qui le souhaitent pourraient revenir à l’université un jour par semaine.
« L’étudiant doit avoir les mêmes droits qu’un salarié », a-t-il précisé. Ceux de 1ère année peuvent, quant à eux, reprendre les travaux dirigés par demi-groupes en présentiel. Enfin, des paniers repas à 1 euro seront disponibles dans les restos U.

Quelles sont les structures de soins psychologiques accessibles aux jeunes ?

Les universités sont dotées de BAPU (Bureaux d’aide psychologique universitaires) où des professionnels (psychiatres et psychologues) reçoivent les étudiants en souffrance. Les consultations sont prises en charge à 100 %.

L’association Apsytude propose aussi des consultations aux étudiants gratuitement, dans toute la France. En ligne ou en face à face.

Pour des situations moins sérieuses, plusieurs services d’écoute peuvent aussi apporter un soutien, et notamment www.nightline.fr. Ce sont des étudiants bénévoles qui répondent. Des initiatives ont aussi vu le jour ces derniers mois. La Fondation FondaMental vient par exemple de lancer avec la région Ile-de-France une plateforme gratuite et anonyme : Ecoute Etudiants Île-de-France. Le site propose des informations, des exercices pratiques à faire chez soi, une auto-évaluation et surtout la possibilité de bénéficier d’une à trois téléconsultations gratuites avec des psychologues.