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Pics de pollution : ces particules fines qui nous menacent

Pics de pollution : ces particules fines qui nous menacent

Depuis quelques jours, Paris et d’autres grandes métropoles françaises subissent de forts pics de pollution et cela sature l’air que nous respirons, en particules fines. L’équipe Dr.Good ! revient sur les différentes conséquences que cela induit sur notre santé, ce qu’il est préférable de faire ou non lors de ces pics de pollution.

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Que vous habitiez Paris, Lille, Lyon ou encore Bordeaux, c’est le même régime. Ces derniers jours, les pics de pollution se suivent et se ressemblent. Votre air est saturé en particules fines (PM 10 et 2,5), et ce malgré le confinement ! Du coup, vous êtes priés de repousser à plus tard toute activité physique intense, de laisser la voiture au garage et de renoncer aux feux de cheminée.
Ces mesures se justifient par la dangerosité avérée des particules fines. Et une étude menée par deux équipes suisses suggère que ces particules pourraient servir de vecteur de contamination du Covid-19.

Pourquoi y-a-t-il actuellement des pics de pollution alors que nos déplacements sont limités par la confinement ?

Le premier confinement avait fait chuter de 70 % les émissions d’oxydes d’azote, de dioxyde de carbone et de particules fines PM10 liées au trafic routier. Ce deuxième confinement, nettement plus light, n’a entraîné qu’une baisse de 20 % de ces mêmes émissions (entre le 30 octobre et 5 novembre). Cependant, les pics de pollution enregistrés dans plusieurs métropoles françaises sont principalement dus aux conditions météorologiques, ou plus simplement à l’hiver. La combinaison de la baisse des températures, de l’anticyclone, de pluie et de vents faibles conduit à la stagnation des polluants émis.

Est-ce que je pollue plus en prenant ma voiture ou en allumant un feu de cheminée ?

Le transport routier et le chauffage au bois figurent en tête du palmarès des sources de pollution de l’air ! Mais ils émettent des polluants un peu différents.
Les oxydes d’azote – et notamment le dioxyde d’azote, un gaz irritant qui provoque une hyperactivité bronchique – sont émis à 90 % par les véhicules.
La flambée dans la cheminée est quant à elle responsable de 84 % des émissions de particules fines. Les deux autres principaux émetteurs de gaz à effet de serre sont l’agriculture (surtout de l’ammoniac) et l’industrie (surtout du dioxyde de soufre).

Les particules fines sont-elles les plus dangereuses pour notre santé puisqu’elles pénètrent dans nos bronches ?

Elles sont considérées par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) comme le « polluant atmosphérique le plus nocif pour la santé humaine en Europe » à cause de leur taille mais aussi de leur taux de concentration dans l’air. Ces particules fines sont classées selon leur taille de leur diamètre en microns : les PM 10 et les PM 2,5.
Une étude parue dans la revue Nature a cependant suggéré que leur dangerosité dépendrait aussi de leur composition. Certaines particules ont un potentiel oxydatif plus important et seraient plus délétères pour notre santé pulmonaire et cardiovasculaire. Comme les particules fines émises par nos plaquettes de frein, nos pneus…mais aussi les feux de cheminée.

Je circule de plus en plus à vélo. Est-ce que je prends des risques en cas de pic de pollution ?

Vous êtes un peu essoufflé quand vous pédalez et vous craignez d’inhaler davantage de particules fines ? En fait, cela veut dire que vous pratiquez une intensité physique modérée, et c’est bon pour la santé. Même en cas de pic de pollution, ce type d’activité n’est pas déconseillé. Evitez quand même de rouler près de grands axes très encombrés.
Et si vous étiez en voiture, « confiné » dans votre habitacle, vous seriez plus exposé aux polluants. La concentration en dioxyde d’azote peut même y être 4 à 5 fois supérieure par rapport à l’air extérieur.

Une étude récente suggère que la pollution augmente les risques de mortalité par la Covid-19. C’est vrai ?

En fait, deux études récentes font un lien entre pollution et Covid. Les auteurs d’une des études ont observé qu’une augmentation des hospitalisations pour Covid-19 suite à des pics de pollution. Et ce serait encore une fois à cause des particules fines. Les PM 10 et 2,5 transporteraient le virus et favoriseraient sa diffusion.
Une autre équipe de chercheurs va même plus loin : ils estiment que la pollution de l’air serait responsable de 15 % des décès dans le monde. Mais attention, ils se refusent malgré tout à établir un lien de cause à effet. En stimulant la pénétration du virus dans les poumons, les particules fines constitueraient un facteur aggravant. Santé Publique France va lancer une étude sur le sujet.