Les actus Dr Goodnews Activité physique Comment l’activité physique booste notre cerveau

Comment l’activité physique booste notre cerveau

Comment l’activité physique booste notre cerveau

Une récente étude suggère que les personnes âgées de 45 ans et plus qui font de l’activité physique, manifestent de meilleures performances cognitives.

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Dans cette étude, l’amélioration est visible le jour qui suit l’activité. Et ces bénéfices sont durables. Quel est le lien entre sport et cerveau ? Comment le fait de bouger permet-il de retarder le déclin cognitif et la perte d’autonomie ? Les réponses du Pr Martine Duclos, endocrinologue au service de médecine du sport et d’explorations fonctionnelles du CHU de Clermont-Ferrand.

Quel est le lien entre activité physique et performances cognitives ?

Pr Martine Duclos. C’est un lien multiple. D’abord, l’activité physique augmente la vascularisation cérébrale et l’oxygénation du cerveau, elle améliore l’irrigation des neurones via les micro-vaisseaux.
Par ailleurs, elle diminue le risque d’artériosclérose, permet d’avoir des artères mieux perfusées – les grosses artères, mais aussi les petites qui irriguent le cerveau.
Ensuite, lorsqu’ils sont contractés, les muscles produisent une hormone, la BDNF, qui stimule la neurogénèse [formation d’un neurone, ndlr] et augmente le nombre et la durée des connexions synaptiques.
Enfin, l’activité physique permet d’augmenter la taille et le volume de la matière blanche (sachant que les personnes atteintes de démence ont une atrophie de la substance grise et de la substance blanche).
Voilà pour les effets purement mécaniques. Les études montrent que faire de l’activité physique permet de préserver plus longtemps les fonctions exécutives [qui permettent d’analyser, de raisonner, de gérer son comportement et ses émotions, ndlr], premières fonctions altérées par le vieillissement.

Quels sont les effets bénéfiques collatéraux ?

Pr Martine Duclos. On sait que l’activité physique réduit efficacement l’anxiété et la dépression, qui sont deux facteurs importants de déclin cognitif. Sur les troubles modérés, elle est plus efficace que les antidépresseurs ; sur les troubles sévères, elle augmente l’efficacité des molécules.
Les personnes âgées actives ont un meilleur état physique mais aussi social et psychologique, un sentiment accru d’auto-efficacité ; elles ressentent moins de douleurs. Elles perdent plus tardivement leur autonomie, car l’activité physique augmente la masse musculaire et la capacité d’endurance.

À partir de quand obtient-on ces bénéfices ?

Pr Martine Duclos. Evidemment, l’idéal, c’est d’avoir été actif tout au long de sa vie, mais il n’est jamais trop tard pour démarrer. On peut se mettre au sport à 80 ans ! Il faut garder en tête qu’un peu, c’est déjà très bien.
Des études montrent que même si on est en-dessous des recommandations officielles, même en marchant 10 minutes par jour, on en retire des bénéfices. L’activité physique modérée, c’est efficace !
L’autre conseil important, en parallèle à l’activité physique, c’est de limiter le temps passé assis. Il vaut mieux remplacer une heure de position assise par une heure de déambulation chez soi.

Des conseils pour démarrer ?

Pr Martine Duclos. Y aller progressivement, jamais brutalement, avec des objectifs raisonnables. Si on n’a pas fait de sport depuis 30 ans, il peut être utile de consulter. Il faut éviter le risque de blessure, car avec une immobilisation, on aurait un effet aggravant, au lieu de l’effet protecteur recherché.
Privilégier le sport en groupe, qui joue beaucoup sur la motivation et permet de rencontrer d’autres gens, de rire… bref, de ne pas tout faire reposer sur l’effort. Le plaisir est bien sûr essentiel, avec une activité physique adaptée et plaisante, mais aussi la variété : il faut éviter l’effet de lassitude car c’est un facteur d’abandon.