Les actus Dr Goodnews Bien-être Des lunettes remboursées à 100 % : une réforme en trompe l’œil !

Des lunettes remboursées à 100 % : une réforme en trompe l’œil !

Des lunettes remboursées à 100 % : une réforme en trompe l’œil !

Depuis le 1er janvier 2020, chaque opticien est obligé, légalement, de vous proposer une offre 100% santé, c’est-à-dire une paire de lunettes 100% remboursée. Conditions pour en bénéficier, mutuelle, économie, qualité des lunettes : l’équipe Dr.Good! répond à toutes ces questions.

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Une paire de lunettes sans débourser un euro, ce n’est pas un poisson d’avril. La réforme du 100 % santé, entrée en vigueur au 1er janvier 2020, a été mise en place pour éviter que 10 % de Français renoncent à s’équiper de lunettes pour raisons financières. Parce que les lunettes, ce n’est pas un luxe.
Vous ne saviez pas que vous aviez droit à une telle offre ? C’est possible, notamment parce que certains opticiens ne jouent pas vraiment le jeu et ne proposent pas toujours cette option très avantageuse. Une étude de la Direction de la concurrence vient de les épingler.
Dr Good vous rappelle vos droits.

Mon opticien doit-il me proposer des lunettes prises en charge à 100 % ?

Oui, c’est une obligation légale depuis le 1er janvier 2020. Concrètement, la loi l’oblige à avoir dans sa boutique au moins 17 modèles de montures en 2 coloris différents pour adultes et 10 montures différentes pour enfants, toujours en 2 coloris.
Publiés dans Le Parisien, les résultats préliminaires d’une enquête de la DGGCRF (1) menée dans 322 magasins a révélé que 60 % d’entre eux « présentent peu voire pas du tout » ces produits. Résultat : 10 % seulement des clients bénéficieraient de l’offre. Les opticiens ne respectent pas leurs engagements. Concrètement, les produits 100 % santé ne sont parfois pas visibles, parfois dénigrés, parfois absents sur le devis…
N’hésitez donc pas à les demander, la loi est de votre côté.
(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

Existe-t-il des conditions de ressources pour bénéficier de cette offre ?

Non, la seule condition requise est d’avoir souscrit un contrat « responsable » auprès de sa mutuelle. Ces contrats créés en 2006 ont pour but d’inciter à respecter le parcours de soins et à avoir une attitude vertueuse en termes de dépenses de santé.
Mais rassurez-vous, la très grande majorité des contrats de complémentaires sont responsables.
Les personnes bénéficiant de la CMU-c ont aussi droit d’acheter des lunettes avec un reste à charge de 0 euro.

Combien j’économise entre des lunettes du 100 % santé et des lunettes traditionnelles ?

Evidemment, tout dépend de votre mutuelle. Mais globalement, avant la réforme, vous deviez acquitter un reste à charge de 65 euros pour des lunettes dont le prix moyen était de 290 euros (dont 135 € pour les montures). L’économie peut cependant être plus substantielle.
D’après une simulation du ministère de la Santé, une paire de lunettes visant à corriger la presbytie coûtant 540 € pouvait représenter un reste à charge de 120 €. Avec le choix de monture et de verres relevant du 100 % santé, ces 120 euros peuvent être totalement pris en charge.

La qualité des verres et des montures est-elle identique à celle des lunettes traditionnelles ?

Ce ne sont pas des lunettes low cost. Votre opticien doit proposer toutes sortes de verres : des progressifs, amincis, anti-reflets, anti-rayures et couvrant évidemment l’ensemble des troubles visuels.
Maintenant, si vous ne trouvez pas votre bonheur dans le choix des montures proposées, vous pouvez prendre des verres remboursés à 100 % et opter pour des montures en dehors de l’offre 100 % santé.
L’inverse est aussi possible. Dans ce cas, vous aurez évidemment un reste à charge à payer, sachant que, dans ce cas, la mutuelle ne pourra pas rembourser plus de 100 euros vos montures. Attention, les lentilles ne font pas partie de cette réforme.

Cette réforme du 100 % santé ne concerne-t-elle que les lunettes ?

Les aides auditives et les prothèses dentaires sont également concernées. Comme pour les opticiens, les audioprothésistes et les dentistes sont obligés de proposer des devis avec au moins un soin pris en charge à 100 %.
Pour les prothèses auditives, le 100 % santé permet tout de même d’économiser un reste à charge moyen de 800 euros. Et chez les dentistes, la réforme est bien appliquée puisqu’entre janvier et juin 2020, 48 % des prothèses qui ont été posées relevaient de ce dispositif, et 20 % relevaient d’un reste à charge plafonné.