Non classé Coronavirus Charlatans du Covid-19 : comment les repérer

Charlatans du Covid-19 : comment les repérer

Charlatans du Covid-19 : comment les repérer

Connaissez-vous les charlatans ? Ces personnes qui profitent de la situation actuelle pour arnaquer les gens et leur faire croire qu’il existe des traitements révolutionnaires au coronavirus. Le plus souvent ces individus n’ont aucun titre médical. Traitements miracles et alternatifs, inepties : le Dr. Bruno Boyer, président de la section Santé Publique du Conseil National de l’Ordre des Médecins, nous dit tout sur les charlatans et leurs pratiques.

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Ils sont de plus en plus nombreux – à tel point que les autorités ont renforcé les missions de la Miviludes (mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires). En pleine épidémie de Covid-19, les charlatans pullulent. Ils proposent des traitements bidons, extorquent les patients en quête de solutions, surfent sur leur peur.
La plupart ne sont pas médecins et s’autoproclament comme tels, mais certains sont bien inscrits à l’Ordre. Il y a ceux qui, malveillants, veulent tout simplement votre argent ; les autres qui, avec leurs convictions, sont persuadés d’avoir trouvé le remède miracle… Tout cela fait peser un risque sur le patient, rendu plus vulnérable face à ces « soignants ».
Comment reconnaître un charlatan et s’en protéger ? Les explications du
Dr Bruno Boyer,
 président de la section Santé Publique du Conseil National de l’Ordre des Médecins.

Qui sont les charlatans du Covid ?

Dr Bruno Boyer. La plupart ne sont ni médecins, ni professionnels de santé : on est plutôt dans l’exercice illégal de la médecine. Ce sont des personnes malfaisantes qui profitent du contexte général d’anxiété et du fait que les gens sont à la recherche de solutions. Ils prônent tout un tas d’inepties et de traitements miracles contre le virus, qui vont jusqu’à manger de l’argile.
Cela concerne aussi quelques médecins, même s’ils sont minoritaires. Nous avons reçu plusieurs plaintes concernant des praticiens inscrits à l’Ordre, peu nombreuses mais très importantes car elles nuisent à la confiance des patients envers leur médecin.

Avec le Covid, les médecins sont-ils plus susceptibles d’exprimer des avis personnels ?

Dr Bruno Boyer. Il y a deux cas de figure. Le premier, c’est quand le médecin essaye avec son patient des solutions qui ne sont pas forcément éprouvées. En l’absence de solutions thérapeutiques, il propose un traitement alternatif parce qu’il pense que dans cette circonstance, pour ce patient donné, ça peut être efficace. On est dans un cadre dérogatoire et individuel, qui relève d’un certain canon de la liberté de prescrire. Cette situation peut arriver (Covid ou pas) ; le médecin s’arme alors de sa conviction et de son esprit scientifique.
L’autre cas de figure est complètement différent : il s’agit d’aller faire la promotion sur les plateaux télé d’un traitement qui n’est pas éprouvé scientifiquement, ou d’exprimer publiquement des opinions personnelles… Le Covid, c’est vrai, se prête à l’expression de ces opinions non scientifiques, y compris chez certains médecins… Ce que nous déplorons, à l’Ordre.

Comment faire la différence entre un bon médecin qui tente un traitement, et un charlatan ?

Dr Bruno Boyer. Déjà, il convient de se méfier de toute personne qui présente comme révolutionnaire un traitement. Dans toutes les plaintes que nous avons enregistrées, c’est toujours la même mécanique : d’abord, on vous dit qu’on vous cache tout. Puis, qu’il existe un traitement mais que les autorités, ou autres, ne veulent pas révéler son existence. Enfin, la personne vous explique qu’elle a accès à ce traitement et qu’elle va vous permettre d’en bénéficier. C’est toujours la même rhétorique complotiste !
Si l’on a un doute, le mieux, c’est d’en parler à son médecin de famille, de prendre son avis concernant tout traitement proposé par quelqu’un d’autre.

Comment se défendre si l’on est victime d’un charlatan ?

Dr Bruno Boyer. Si un médecin propose un traitement qui vous semble étrange, qui a l’air de relever d’une dérive, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les conseils départementaux de l’Ordre des médecins. La plainte sera instruite, quoi qu’il arrive, c’est une obligation. Et si le médecin est effectivement sorti des clous, il sera sanctionné. Sinon, ces affaires peuvent être jugées au pénal ou au civil.