Les actus Dr Goodnews Alimentation Comment le confinement a modifié nos assiettes ?

Comment le confinement a modifié nos assiettes ?

Comment le confinement a modifié nos assiettes ?

Dans nos vies, l’épidémie de Covid a eu des conséquences sur de nombreux plans. L’alimentation en fait partie. Santé Publique France a livré ses dernières données concernant l’impact du premier confinement sur nos comportements alimentaires.

Adobe Stock

Les résultats montrent un effet très contrasté : d’un côté, plus d’une personne sur trois (37 %) a adopté des habitudes plus saines, consommé plus de fruits et de légumes, mais de l’autre, à la fin du confinement, un tiers des personnes ont déclaré avoir pris du poids et consommé plus de produits gras, sucrés et salés. Qu’en est-il un an plus tard ? Comment la modification de nos rythmes de vie se traduit-elle sur nos comportements
alimentaires ?

Les réponses de Laurence Haurat, psychologue et diététicienne, auteur de l’ouvrage Et si vous trouviez (enfin) votre poids idéal ?

Les résultats de l’étude reflètent-ils une tendance durable ?

Laurence Haurat. Ils sont à nuancer dans la durée puisqu’ils se réfèrent à une période vraiment particulière et inédite dans la vie des Français.
Ce que j’observe dans ma pratique, c’est qu’effectivement il y a une très forte demande depuis le mois de septembre : le cabinet est plein à craquer ! Certains patients ont en effet adopté des habitudes alimentaires inadaptées pendant le premier confinement et n’arrivent pas à perdre le poids qu’ils ont pris. Mais d’autres ont aussi déployé des comportements positifs pour faire face à nos nouveaux modes de vie, au télétravail, à la sédentarité… Beaucoup de personnes veulent des conseils pour adapter leur alimentation, développer des stratégies face à ces nouveaux rythmes de vie. C’est plutôt un élément positif !

Quelles stratégies positives avez-vous vu émerger ?

Laurence Haurat. Par exemple, je n’ai jamais vu autant de personnes se mettre au batch-cooking : cela consiste à préparer tous les plats de la semaine à l’avance, le week-end par exemple, pour se libérer de la charge mentale liée aux repas. Comme les gens sortent moins le week-end, ils ont plus de temps pour s’organiser… Du coup, il y a moins de compulsion autour du repas du soir. Au lieu de grignoter avant le dîner parce qu’on a faim, et de préparer un repas sur le pouce, on se tient au plan « tomate farcies » : les tomates sont déjà creusées, la farce est prête… Par ailleurs, on a beaucoup parlé de sédentarité liée au confinement, mais parmi mes patients en tout cas, j’en vois pas mal qui se sont mis à l’activité physique à domicile, avec les vidéos en ligne, les cours sur Zoom… Là aussi, le fait d’avoir gagné deux heures de transport par jour joue beaucoup.

Pourquoi pour d’autres, c’est plus difficile de déployer ces stratégies ?

Laurence Haurat. L’étude montre qu’il existe des facteurs associés à l’émergence de comportements alimentaires inadaptés [dépression, difficultés économiques, troubles du sommeil, ndlr]… De fait, l’être humain est un système composé de plusieurs cases qui communiquent entre elles.
Une alimentation déséquilibrée avec du grignotage le soir va engendrer des difficultés à s’endormir ; les troubles du sommeil vont augmenter la prise de poids, qui elle-même va induire un mal-être, lequel va renforcer les troubles alimentaires et ceux du sommeil… Si l’une de nos composantes est déséquilibrée, c’est l‘ensemble du système qui est impacté. On ne peut pas détacher l’alimentation du reste ; si la qualité de la vie des gens a été trop affectée par la pandémie, leur alimentation le sera aussi.

D’autres conseils pour adapter notre alimentation à nos nouveaux rythmes de vie ?

Laurence Haurat. Il faut inscrire son alimentation dans cette nouvelle temporalité en accompagnant les changements de rythme. Par exemple, on n’est plus obligé de prendre le petit déjeuner à 7h alors qu’on n’a pas très faim ; on peut le prendre à 9h00, quand on est plus en phase avec les signaux de notre corps qui nous dit qu’on a effectivement faim. Idem pour le déjeuner, que l’on peut prendre un peu plus tard. Cela permet de limiter le grignotage entre deux repas, et de renouer avec les sensations de notre corps.

Trouver des petites astuces pour améliorer son alimentation au quotidien, c’est ce qui fonctionne ! Avec un maître mot : le plaisir gustatif.